Le dessin de la semaine

Sarko a promis à Chirac de passer au karcher ses dossiers judiciaires Dessin de Cabu paru page 3 dans le n° 4511 du « Canard enchaîné » du mercredi 11 avril 2007 et disponible en kiosque, illustrant l’article : « Sarko a promis à Chirac de passer au karcher ses dossiers judiciaires. Une amnistie déguisée des délits fiinanciers dès cet été. Si… » Nicolas Sarkozy est élu le 6 mai prochain.

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Publié dans : Actualité, Politique, Société | le 14 avril, 2007 |1 Commentaire »

L’impasse du centre (faites demi-tour sur la droite ou tournez à gauche)

Fr. Hollande a raison de le dire : Fr. Bayrou, de par sa stratégie, s’est mis dans une impasse. Et il va plus loin : si le MoDem veut faire un bout de chemin avec la gauche, il faudra un accord programmatique et pas des désistements, ici ou là, en faveur de l’un ou l’autre parti. C’est clair, net et précis. Pour Fr. Hollande, ça l’a toujours été. Bien que discutant de temps en temps avec le président du MoDem, l’encore Premier secrétaire du PS n’a jamais été dupe et ne souhaite pas tendre la main au MoDem, en l’état actuel des choses.

Car, c’est un peu se moquer du monde et surtout de ses électeurs, de la part de Fr. Bayrou, que de rester dans le non-choix. Du reste, nombre des députés UDF qui, après avoir fait campagne pour lui, sont repartis dans le giron de l’UMP. Fr. Mitterrand l’a d’ailleurs dit en 1988 : « Il n’y a pas de centre, il n’y a que des centristes », ceci pour bien démontrer la somme d’individualités que composent, généralement, ce que l’on appelle « le centre ». Les révolutionnaires de 1789 l’avait appelé la « Plaine » ou le « Marais ». Déjà à l’époque, des députés refusaient de choisir…

Ces individualités centristes n’ont qu’un but : leurs intérêts. D’où l’autre phrase de l’ancien président de la République : « La droite a les idées de ses intérêts et les intérêts de ses idées ». Plus des deux-tiers des députés UDF étant ralliés à Nicolas Fouquet’s, ils sont donc classés dans cette catégorie. Les autres, tant qu’ils ne seront pas venus vers la gauche, resteront, au regard de tous, des exaltés.

Le président Mitterrand parlait bien de ces gens-là pour les avoir bien connus sous la IVème République. De tous les gouvernements, les centristes ont créé l’instabilité gouvernementale entre 1946 et 1958. C’est leur stratégie qui a ramené De Gaulle au pouvoir en mai 1958. Ils procédaient déjà de la même façon sous la IIIème République.

Et ils l’ont négociée avec M. Rocard en 1988. Les centristes voulaient que le président ne dissolve pas l’Assemblée. Ce qui paraîssait absurde pour Fr. Mitterrand. Il les a donc envoyés voir ailleurs s’il y était mais il en a débauché quelques-uns, au passage, en mal de ministères comme le fait aujourd’hui M. Sarkozy. Son credo, à ce moment-là, était : « Nous n’allons pas nous mettre dans les mains des centristes ! A la moindre occasion, ils renverseront le gouvernement ! »

Aujourd’hui, le Béarnais s’inscrit dans la même logique. Sous couvert d’indépendance, il souhaite faire les alliances qui l’arrangent avec l’un ou l’autre des grands partis et espère tirer les marrons du feu. Il est pourtant certain que P. Devedjian pour l’UMP et Fr. Hollande pour le PS refuseront ce type d’arrangements, d’accomodements, d’ »apparentements » (pour reprendre ce terme de la IVème République).

L. Fabius n’a pas dit autre chose, hier soir, chez Ch. Ockrent dans l’émission qu’elle anime sur France 3, « France-Europe-Express ». Il était particulièrement en verve et revanchard, Fafa ! Il a tellement taclé la Reine Christine avec des remarques insidieuses, voire sournoises qu’elle a lâché pleine d’humour, à un moment de la conversation, alors que l’ancien Premier ministre faisait l’éloge de J-M. Blier, le comparse de Christine Ockrent : « Vous avez de la chance, il vous fait plus de compliments qu’à moi ! » Fafa n’a pas supporté qu’on le traite d’« éléphant » et lui a fait remarqué que certains éléphants avaient rejoint la droite de M. Sarkozy. Et une pêche dans la tête ! Une ! C’est ensuite O. Besancenot, le facteur de Neuilly, qui a décoché sa plus belle flèche vers l’épouse de B. Kouchner. Alors qu’elle notait que les trois candidatures à la présidentielle de l’extrême-gauche était une « singularité française », l’ex-candidat de la LCR lui a répliqué, du tac au tac, que la France était un pays de singularités, « la preuve, il y a même des ministres socialistes qui rejoignent un gouvernement de droite ! » On a senti une gêne sur le plateau, après le coup de boule d’Olivier.

Elle rame, Titine, elle rame ! Il est temps qu’elle arrête et qu’on sorte de ces campagnes car tout cela donne à penser que cela va finir dans un bain de sang.

Publié dans : Actualité, Politique, Société | le 4 juin, 2007 |Pas de Commentaires »

D’une campagne à l’autre

La campagne présidentielle à peine achevée, les législatives commencent. Il faut dire qu’en politique, une campagne chasse l’autre assez rapidement et le personnel politique aussi. C’est ainsi que F. Fillon, super directeur de cabinet, est allé à la rencontre de ses anciens électeurs de la Sarthe dans l’espoir de les reconquérir.

On ne va pas mettre en doute l’émotion du Premier ministre en face de ses « vrais gens ». Et puis, c’est vital pour lui. Face à un président de la République surpervitaminé, il ne peut que lâcher son siège de sénateur, dont le train ne correspond pas à Speedy Sarkozy. Alors, comme A. Juppé et quelques huiles gouvernementales, F. Fillon est en campagne, espérant bien ravir les sièges de députés dans les circonscriptions de gauche où son favori est arrivé en tête le 6 mai (entre vingt et trente).

Généralement, c’est le Premier ministre qui dirige la campagne des législatives. Encore plus dans le quinquennat. Hélas, la superpuissance et l’omniprésence du nouveau président de la République, se comportant comme un super Premier ministre, en font, de fait, le chef de la campagne. Et c’est bien là qu’est le hic.

Car M. Sarkozy veut être sur tous les fronts, tous les terrains. Il va même adresser – du jamais vu dans toute l’histoire de la République – un message au Festival de Cannes par l’intermédiaire de la ministre de la Culture et de la Communication, Ch. Albanel ! On pensait plutôt qu’avec Doc Gynéco et Johnny comme soutiens, dans l’affiche officielle, ce serait le Festival de Came… Le vrai but de cette affaire, c’est de nous montrer que l’Etat, c’est lui et personne d’autre. Bref, nous sommes bien dans la « concentration des pouvoirs » annoncée par F. Bayrou et S. Royal, pendant la campagne présidentielle.

On voit bien les risques encourus en s’engageant dans une telle démarche : le président de la République grille, à l’avance, ses fusibles. Car, naguère, quand un projet de loi était combattu par « la rue », le président de la République pouvait se séparer du ministre impliqué dans le projet, voire du premier d’entre eux. Là, c’est autre chose qui va se passer. Quand « la rue » ne voudra pas d’un nouveau projet de loi, qui sera reconnu comme responsable ? Le président de la République. Démissionnera-t-il ? Je crains que non. Cet homme n’a pas la grandeur d’un De Gaulle, il lui manque quarante-cinq centimètres !

Il faut dire que M. Sarkozy rêve d’une chose : aller devant les députés défendre ses projets, les haranguer, voire les houspiller. Il ne veut plus, à terme, de Premier ministre. Et qui a théorisé la fin du Premier ministre ? Celui qui occupe actuellement le poste : F. Fillon. Tout cela est cousu de fil blanc… On verra, peut-être, une réforme institutionnelle instituant ce nouveau rapport de force entre le chef de l’Etat et le Parlement ? Réforme qui impliquerait également le statut de secrétaire d’Etat en mission, dont on commence de parler depuis l’accession à l’Elysée de l’ancien maire de Neuilly.

Bref, tout cela n’augure rien de bon pour l’avenir. Face à des médias qui se gargarisent depuis son élection (il faut voir les unes de nos quotidiens aujourd’hui : « Sarkozy-Fillon, ça démarre fort » pour Le Parisien-Aujourd’hui en France ; « La France bouge » pour Le JDD), nous sommes bien seuls, nous à gauche, et mal en point. C’est pourquoi, il nous faut renverser la vapeur en juin prochain, afin de préserver la République et notre démocratie et éviter l’avènement du Petit empereur, qui s’inscrit dignement dans la lignée de Napoléon III.

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Publié dans : Actualité, Politique, Société | le 20 mai, 2007 |Pas de Commentaires »

Pour le « yacht people », tout cela est « gênétique »

A peine nommés, deux ministres issus de la gauche s’expliquent aujourd’hui. En effet, l’opinion approuve peut-être leurs ralliements, il n’en reste pas moins que B. Kouchner et M. Hirsch sont quelque peu gênés aux entournures. Il suffisait de voir les images de la passation de pouvoir au ministère des Affaires étrangères et la pose du gouvernement pour la photo officielle pour s’en rendre compte. Ils n’osent pas regarder droit devant eux, ils baissent la tête comme des enfants pris en flagrant délit, les doigts dans le pot de confiture !

B. Kouchner, dans Le Monde de demain, supplie qu’on lui accorde du « crédit ». Cela reste difficile. Il sait bien qu’il participe à la tentative d’assassinat de la gauche menée par M. Sarkozy. Surtout, les candidats PS aux législatives de juin prochain rament, sur le terrain, car de nombreux militants et sympathisants pensent, à présent, que les socialistes vont rejoindre le gouvernement ! Et comme les dirigeants du Parti restent silencieux ou inaudibles, cela accrédite les pensées des malheureux gens de gauche, déboussolés.

Surtout, le nouveau ministre des Affaires étrangères réclame qu’on le juge sur « ses actes ». C’est bien ce que nous faisons. Le premier acte de B. Kouchner, à la suite de l’élection du candidat UMP, fut de le rallier, au lieu de reconstruire la gauche avec nous. Et cet acte est « condamnable » car - F. Hollande a raison - dès lors qu’il rejoint un gouvernement de droite, il devient un ministre de droite. Que je sache, nous avons été 47 % du corps électoral à ne pas voter pour l’actuel président de la République (dont MM. Kouchner et Hirsch !). Nous avons dénoncé sa « pêche dans les eaux troubles de l’extrême-droite », à la suite du nouveau ministre des Affaires étrangères. Et que fait ce dernier ? Au lieu de le combattre, il le rallie comme un vulgaire Besson ! Eh bien, oui, B. Kouchner, nous commençons déjà de vous juger sur vos actes !

Il prétend que la politique extérieure de la France n’est « ni de droite, ni de gauche ». L’expression - longtemps utilisée par Le Pen puis par F. Bayrou -, dans la bouche du french doctor, reste incroyable ! La gauche française est donc atlantiste ? Pro-israélienne ? Néoconservatrice ? Européenne par le petit bout de la lorgnette ? Allons, allons ! B. Kouchner et H. Védrine ont été, tous deux, approchés par le nouveau pouvoir. On sait bien que les deux hommes sont radicalement opposés sur les questions diplomatiques. B. Kouchner n’a pas compris que M. Sarkozy voulait abattre la gauche à bout portant ? Ou feint-il de l’ignorer ? Peut-être, au fond, ne croit-il plus en la gauche ? Si c’est la vraie raison, pourquoi ne pas l’avouer ? Il s’en sortirait grandi ! Et cela serait plus clair…

M. Hirsch, lui, n’est « ni dupe, ni naïf ». Je crois, au contraire, qu’il est les deux. Croire que ce gouvernement qui veut casser notre modèle social va faire quelque chose pour les pauvres, c’est être naïf. Avoir cru aux belles paroles de nos nouveaux gouvernants et accepter de diriger un machin ministériel, c’est être dupe. Ce n’est pas condamnable, M. Hirsch n’est pas un politique. Il a beau avoir dirigé le cabinet de B. Kouchner sous les années Jospin, il ne connaît pas les rouages « politiciens ». Et il affirme (également dans Le Monde de demain) : « Si je refusais et que [ma] réforme n’allait pas dans le bon sens, chaque fois que j’aurais critiqué on m’aurait rétorqué : ‘Il n’avait qu’à y aller ’ ! » Défense pitoyable ! Qui peut croire en de telles sornettes ?

Alors, ils luttent. « Nous sommes des sociaux-démocrates ! Des gens de gauche ! » C’est à voir ! Ils ne pourront jamais plus revenir en arrière. Ou avec bien des difficultés. Les dirigeants et gens de gauche ne pourront jamais plus avoir confiance en eux. Songez qu’ils furent tous deux des acteurs de la campagne de S. Royal. Songez qu’ils participèrent à de nombreux meetings. Songez qu’ils attaquèrent violemment, en public, le candidat UMP pendant la campagne présidentielle.

Je les plains. Je les plains réellement du fond de mon coeur. Quand ils verront passer des projets de lois anti-sociaux en Conseil des ministres, quand ils devront répondre de leurs « actes » dans les différentes assemblées, ce ne sera pas une partie de plaisir. Comment réagiront-ils quand toutes les nouvelles dispositions du pouvoir en place iront à l’encontre de leurs convictions ? Ils démissionneront ? Pour faire quoi ? Qui pourra encore leur faire confiance (à part la droite) ? Dieu merci, ils n’ont pas de courant ou de bataillons de militants derrière eux, cela reste des « individualités ».

En s’asseyant sur les idéaux qui les animent, en faisant fi des mises en garde de la gauche, en acceptant de travailler avec des gens qui, visiblement, sont opposés à eux, B. Kouchner et M. Hirsch se sont condamnés eux-mêmes à devenir des parias de la République. Leurs réputations, leurs biographies sont à présent entâchées.

M. Sarkozy n’avaient pas besoin « d’imaginer qu’ils deviennent sarkozystes », ils le sont devenus tous seuls, comme des grands. Tout cela était écrit d’avance : c’est « gênétique ». Et nous, pour ne pas devenir sarkozyste ou mettre un genou à terre devant lui, mobilisons-nous les 10 et 17 juin prochain et votons à gauche massivement.

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Publié dans : Actualité, Politique, Société | le 19 mai, 2007 |Pas de Commentaires »

La Cène revisitée

Il n’y avait plus de suspens, ce matin, lors de l’annonce du gouvernement par le Secrétaire général de l’Elysée, Cl. Guéant. Depuis des jours, les noms circulaient et « l’effet de d’annonce » n’a rien donné. On sait donc qu’un ralliement de 22 députés UDF = 1 ministre ; aucun ralliement officiel de la gauche = 1 ministre et 3 secrétaires d’Etat. M. Sarkozy aura réussi à briser le MoDem dans l’oeuf en claironnant l’arrivée des ouvriers de la vingt-cinquième heures, ralliés à son étendard mais en les empapaoutant au dernier moment ; il aura aussi tenté de décrédibiliser la gauche en embarquant dans son épopée des figures tellement libres du PS que cela ne provoque le remous escompté. Ce n’est plus un gouvernement de rupture, mais de débauchés !

Quand on pense qu’il dénonçait le gouvernement des meilleurs, cher à F. Bayrou.  Quand on pense qu’il parlait du débat Royal/ Bayrou en ces termes : « Pendant qu’il y en a deux qui bavassent dans un grand hôtel, moi, je suis dans une usine… », la composition du gouvernement nous montre la capacité du président de la République au retournement de veste. Et ça nous fait bien « gondoler ». Ce qui doit bien faire rire F. Bayrou, c’est l’absence de M. Leroy, opportuniste patenté, du nouveau cabinet Fillon. Peut-être figurera-t-il dans Fillon 2, après les législatives de juin ? Qui sait ? L’heure n’est-il pas au rassemblement ?

La rupture, justement, est la grande perdante de la journée. On peut même dire qu’elle a pris un sérieux coup dans les lattes et pour un bon moment ! Constatons ensemble : 6 ministres nouvellement nommés étaient dans le gouvernement Villepin, celui-là même que M. Sarkozy dénonçait à mots si peu couverts lors de son discours d’investiture. 7 autres ont été membres des gouvernements Juppé (1995-97), Jospin (1997-05) et Raffarin (2002-05). On a vu de meilleures ruptures !

Les autres perdants sont les sarkozystes eux-mêmes ! A croire que M. Sarkozy était entouré d’incompétents notoires pendant toutes ces années ! Pauvre P. Devedjian ! Il va s’ennuyer à l’UMP et au Conseil général des Hauts-de-Seine. Pauvre Ch. Estrosi ! Il va devoir reprendre les rallyes automobiles dans les hauteurs de Nice tout en acceptant de se faire ravir la présidence des députés UMP à l’Assemblée nationale par l’ambitieux et carnassier J-F Copé. Non, Messieurs, vous n’avez pas compris. Pour être assis aux meilleures places du gouvernement, il faut avoir trahi son camp ou ses fidélités. Il fallait passer par le chiraquisme, le mitterrandisme, le jospinisme. C’est la Cène revisitée !

A gauche, nous n’aimons pas les gouvernements d’anciens habillés, par-ci, par-là, de rafistolages. Quel drame de voir, par exemple, M. Hirsch dans ce gouvernement avec des ministres qui n’ont rien fait pour les mal-logés, dans le temps passé ! Pauvre abbé Pierre, qui allait il y a moins de cinq ans à l’Assemblée nationale, pour défendre le projet de loi obligeant toutes les communes de France à avoir un parc de logements sociaux. M. Hirsch croit-il qu’un gadget ministériel réglera le problème dans la pauvreté dans ce pays ?

Le meilleur reste à venir. Nous attendons ce soir avec impatience afin de voir côte-à-côte Sainte Ch. Boutin (la Blandine de l’Assemblée), Dumouriez Kouchner (le rallié de la dernière heure), Sainte-Nitouche Jouyet, l’Iscariote Judas Besson, la Folle du Régiment MAM, l’Epouvantail à électeurs A. Juppé. Ce n’est même pas une affiche digne de Cannes. Alors, à tous les (déjà) déçus du sarkozysme, tous les fidèles, les infidèles, les remerciés…, un seul mot d’ordre : « Rompez les rangs ! »

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Publié dans : Actualité, Politique, Société | le 18 mai, 2007 |Pas de Commentaires »

La Cène revisitée

Il n’y avait plus de suspens, ce matin, lors de l’annonce du gouvernement par le Secrétaire général de l’Elysée, Cl. Guéant. Depuis des jours, les noms circulaient et « l’effet de d’annonce » n’a rien donné. On sait donc qu’un ralliement de 22 députés UDF = 1 ministre ; aucun ralliement officiel de la gauche = 1 ministre et 3 secrétaires d’Etat. M. Sarkozy aura réussi à briser le MoDem dans l’oeuf en claironnant l’arrivée des ouvriers de la vingt-cinquième heures, ralliés à son étendard mais en les empapaoutant au dernier moment ; il aura aussi tenté de décrédibiliser la gauche en embarquant dans son épopée des figures tellement libres du PS que cela ne provoque le remous escompté. Ce n’est plus un gouvernement de rupture, mais de débauchés !

Quand on pense qu’il dénonçait le gouvernement des meilleurs, cher à F. Bayrou.  Quand on pense qu’il parlait du débat Royal/ Bayrou en ces termes : « Pendant qu’il y en a deux qui bavassent dans un grand hôtel, moi, je suis dans une usine… », la composition du gouvernement nous montre la capacité du président de la République au retournement de veste. Et ça nous fait bien « gondoler ». Ce qui doit bien faire rire F. Bayrou, c’est l’absence de M. Leroy, opportuniste patenté, du nouveau cabinet Fillon. Peut-être figurera-t-il dans Fillon 2, après les législatives de juin ? Qui sait ? L’heure n’est-il pas au rassemblement ?

La rupture, justement, est la grande perdante de la journée. On peut même dire qu’elle a pris un sérieux coup dans les lattes et pour un bon moment ! Constatons ensemble : 6 ministres nouvellement nommés étaient dans le gouvernement Villepin, celui-là même que M. Sarkozy dénonçait à mots si peu couverts lors de son discours d’investiture. 7 autres ont été membres des gouvernements Juppé (1995-97), Jospin (1997-05) et Raffarin (2002-05). On a vu de meilleures ruptures !

Les autres perdants sont les sarkozystes eux-mêmes ! A croire que M. Sarkozy était entouré d’incompétents notoires pendant toutes ces années ! Pauvre P. Devedjian ! Il va s’ennuyer à l’UMP et au Conseil général des Hauts-de-Seine. Pauvre Ch. Estrosi ! Il va devoir reprendre les rallyes automobiles dans les hauteurs de Nice tout en acceptant de se faire ravir la présidence des députés UMP à l’Assemblée nationale par l’ambitieux et carnassier J-F Copé. Non, Messieurs, vous n’avez pas compris. Pour être assis aux meilleures places du gouvernement, il faut avoir trahi son camp ou ses fidélités. Il fallait passer par le chiraquisme, le mitterrandisme, le jospinisme. C’est la Cène revisitée !

A gauche, nous n’aimons pas les gouvernements d’anciens habillés, par-ci, par-là, de rafistolages. Quel drame de voir, par exemple, M. Hirsch dans ce gouvernement avec des ministres qui n’ont rien fait pour les mal-logés, dans le temps passé ! Pauvre abbé Pierre, qui allait il y a moins de cinq ans à l’Assemblée nationale, pour défendre le projet de loi obligeant toutes les communes de France à avoir un parc de logements sociaux. M. Hirsch croit-il qu’un gadget ministériel réglera le problème dans la pauvreté dans ce pays ?

Le meilleur reste à venir. Nous attendons ce soir avec impatience afin de voir côte-à-côte Sainte Ch. Boutin (la Blandine de l’Assemblée), Dumouriez Kouchner (le rallié de la dernière heure), Sainte-Nitouche Jouyet, l’Iscariote Judas Besson, la Folle du Régiment MAM, l’Epouvantail à électeurs A. Juppé. Ce n’est même pas une affiche digne de Cannes. Alors, à tous les (déjà) déçus du sarkozysme, tous les fidèles, les infidèles, les remerciés…, un seul mot d’ordre : « Rompez les rangs ! »

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Publié dans : Actualité, Politique, Société | le 18 mai, 2007 |Pas de Commentaires »

Courage, Fillon !

Sans surprise, c’est F. Fillon qui a été nommé Premier ministre par le président de la République, ce matin, après le petit-déjeuner. Sans surprise car M. Sarkozy n’était pas encore élu que d’aucuns pensaient déjà au sénateur de la Sarthe, ancien ministre des Affaires sociales, afin de seconder à Matignon l’homme de la rupture.

C’est donc un gaulliste social (il parait que cela existe encore) drapé dans le libéralisme qui est chargé de former le gouvernement d’ouverture, de combat…, celui-là même qui a fait défiler des pans entiers de la population contre sa réforme des retraites. Un beau signe d’ouverture, donc. Et, au moins, on sait tout de suite ce qui nous attend… C’est sans surprise.

F. Fillon est l’exact contraire de M. Sarkozy. Chacun le sait, autant le premier a une tête à avoir des pudeurs de jeunes filles, autant le second est dans l’attaque. Au fond, F. Fillon est « stratège », tacticien, l’autre est un général, sabre au clair, prêt à rentrer dans le lard du premier opposant venu. Ca promet !

Mais la politique les réunit. Ils ont les mêmes idées sur la France, sur la façon de la gérer… C’est beau, une équipe qui s’entend aussi bien ! Du reste, ils sont tellement unis qu’à 15 h, cet après-midi, nos deux amis vont aller faire un jogging au bois de Boulogne pour bien prouver que l’on est entré dans une nouvelle ère politique. Sans la moindre caméra, sans doute.

Pourtant, les relations entre ces deux hommes politiques n’ont pas toujours été bonnes. F. Fillon a(vait) une détestation pour l’ancien maire de Neuilly. Il le trouvait ambitieux, agité… Il disait même, tenez-vous bien : « Le problème de Nicolas, c’est qu’il veut baiser tout de suite. Il n’y a pas de préliminaires ! «  On espère que cela s’est arrangé, entre eux, depuis… Il est vrai que les rapports ont besoin d’un peu d’humidité pour se décrisper.

Au départ, le peu audacieux F. Fillon, suivait Ph. Séguin. Il était son mentor. M. Sarkozy, lui, était plutôt pasquaïen. Mais un lien les unissait : J. Chirac. Tous deux ne doivent leur salut qu’à l’ancien président de la République, lorsqu’il était président du RPR. Et l’un et l’autre lui ont tourné le dos en 1995 pour suivre E. Balladur. M. Sarkozy, au lendemain de l’élection de J. Chirac, prit presque dix ans de réclusion, chez lui. Traître en puissance, J. Chirac le voulait plutôt mort que vif.

F. Fillon, lui, fut sauvé des eaux troubles du balladurisme par A. Juppé. Ce dernier appréciait la force de travail du chevau-léger de Ph. Séguin et lui permit d’entrer au gouvernement. En 1999, lors de l’élection du président du RPR (après la démission de Ph. Séguin), F. Fillon fit un enfant dans le dos de M. Sarkozy qui avait des vues sur le trône (déjà !). C’est peu dire s’il n’apprécia que modérément la candidature du séguiniste à la présidence du RPR. « C’est un indécrottable faux-cul ! », éructa le maire de Neuilly, à l’époque, alors qu’il lui avait proposé une sorte de ticket. Fin de non-recevoir de la part de F. Fillon, qui fit cavalier seul. Et qui perdit l’élection.

Le 21 avril 2002 vit une entrée au gouvernement des deux jeunes loups, ennemis l’un de l’autre. Et F. Fillon condamna même la pré-campagne de M. Sarkozy. Il trouvait cela grotesque, voire irrévérencieux, de penser à la présidentielle alors que J. Chirac avait été réélu depuis, à peine, un an et demi. Pas question, donc, de suivre M. Sarkozy. Mais, l’arrivée de D. de Villepin à Matignon et la sortie de F. Fillon du gouvernement, remercié sans ménagement, lui fit dire : « Ils font de moi le futur directeur de campagne de N. Sarkozy », allant même jusqu’à dire que « l’on ne retiendra que [ses] réformes des deux mandats de J. Chirac ! » Tous égo ! La passation de pouvoir de ce matin, au regard de ces phrases, ne manquait pas de sel…

On l’aura compris, ce qui a rapproché les deux hommes, c’est la commune haine vis à vis de J. Chirac et des chiraquiens. Ne les avaient-il pas « baisés avec du gravier », dixit D. de Villepin ? On sait ce que valent les amitiés bâties sur la haine, elles sont souvent vaines et durent peu de temps. Car elles ne reposent, en fait, sur rien de solide. On attend donc, avec une certaine impatience, les premiers accrochages à la tête de l’Etat. Surtout qu’avec le gouvernement que l’on nous promet, le bordel risque d’atteindre un paroxysme jamais égalé dans toute l’histoire de la République.

F. Fillon sortira du gouvernement et, peut-être, s’engagera-t-il dans une démarche anti-Sarkozy ? D’autant plus que F. Fillon paraît plutôt insaisissable et pourrait claquer la porte du gouvernement du jour au lendemain. « Chassez le naturel, il revient au galop ! » C’est bien connu et c’est… sans surprise.

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Publié dans : Actualité, Politique, Société | le 17 mai, 2007 |Pas de Commentaires »

La « Sainte Famille » recomposée

Idyllique ! Magnifique ! Entre soleil et pluie, la « passation de pouvoirs » a eu lieu ce matin, 11 h, entre l’ancien et le nouveau président de la République. Bien sûr, on retiendra l’arrivée de Cécilia, toute de blanc vêtue, avec ses enfants et qui veillaient sur sa portée comme une louve venant de mettre bas. Les deux grands fistons de M. Sarkozy escortaient Madame Veto*, ses oies blanches de filles et P’tit Louis. « La Sainte Famille » recomposée ! On voyait Madame Mère, telle Létizia Ramolino, assise dans un fauteuil et qui avait l’air de se dire : « Pourvu que ça dure ! » Il y avait aussi tout l’arrière-ban de la chiraquie, de la sarkozye… On était « entre nous ».

Que d’émotions sous les lambris et les dorures de la Salle de Fêtes de l’Elysée ! Le nouvel investi, après un discours politique, s’approcha de celle qui ne lui a nullement apporté son suffrage au 2nd tour de l’élection présidentielle pour l’embrasser et même pour lui caresser le visage. John et Jackie Kennedy ! On a retenu son souffle en voyant ce geste… On se souviendra de P’tit Louis, curieux, s’interrogeant sur le collier de Grand maître de la Légion d’Honneur… Quelle simplicité ! Quelle belle image ! A croire que l’on accueillait dans le saint des saints de vulgaires commerçants achetant une nouvelle maison !

Une image bien loin des multiples disputes que l’on nous a relaté, bien loin du Fouquet’s, bien loin de Malte… Et dire que tout cela a failli ne pas arriver ! Si la goguette de Cécilia avait perduré, nous aurions eu un président célibataire, entouré de ses trois fils et de ses proches. On aurait parlé de la solitude présidentielle, on aurait dit combien une première dame de France est utile au président de la République pour le seconder dans sa tâche. Las ! Il n’en est rien, Dieu merci ! Cécilia a tourné le dos à New York et à la publicité. Elle est entrée de pleins pieds à l’Elysée, à la conquête de la République. Il va falloir prier, à présent, pour que les assiettes élyséennes ne volent pas trop en éclats quand ils se disputeront. Cela risque de nous coûter cher en porcelaine…

C’est une nouvelle ère qui commence, il va falloir s’y faire ! Avec bien des difficultés, certes, mais « loyalement ». Il a été élu, à nous de rester vigilant. Car, nous gens de gauche, c’est bien de cela qu’il s’agit. Il va nous falloir rappeler régulièrement au président ses engagements, il faudra lui rappeler combien il a opposé les Français les uns aux autres et que tous les hommages qu’il rendra à la Résistance ne pourront effacer. Son projet n’est pas le nôtre, il faudra donc le combattre et lui réfuter des propositions de solidarité et de protection.

Tous les Kouchner de la terre, tous les Allègre n’y pourront rien. Nous sommes ses opposants et non ses affidés. Ils auront beau nous expliquer, tenter de nous convaincre qu’ils sont de gauche, qu’ils sont juste là dans l’intérêt de la France, comment pourrons-nous leur accorder un quelconque crédit ? L’élection du candidat UMP aura eu au moins le mérite de « clarifier » certaines convictions. En entrant dans le gouvernement d’ici deux jours, tous les « gens de gauche » ralliés au panache brun du président Sarkozy ne pourront jamais plus revenir au bercail. Ils devront s’habituer à être vus et traités comme des gens de droite.  B. Kouchner, pour ne citer que lui, n’aura plus la possibilité de se mettre en colère chez L. Ruquier face à M. Polac et E. Zemmour, qui mettaient en doute ses convictions (ils avaient le nez creux) en se révoltant d’un : « Merde ! Qu’est-ce que c’est que ces procès d’intention à la con ! J’ai toujours voté à gauche ! » La preuve…

* C’est le sobriquet dont l’ont affublé les proches de M. Sarkozy laissés sur le carreau, grâce à (ou à cause d’) elle, au lendemain de la présidentielle.

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Publié dans : Actualité, Humour, Politique, Société | le 16 mai, 2007 |Pas de Commentaires »

De la friture sur la ligne

Ce soir, et pour la dernière fois en tant que président de la République, J. Chirac nous dira, une fois de plus, qu’il nous aime, nous Français, et qu’il n’a jamais oeuvré que dans l’intérêt de la nation. A l’heure de son départ, chacun commence d’établir un bilan des douze années de sa présidence palpitante, voire « abracadabrantesque ».

On ne cesse de nous remontrer les images de ses élections de 1995 et 2002 sans jamais évoquer les emplois fictifs, la Mairie de Paris, les frais de bouche, l’Affaire Méry…  C’est une vision, pour le moins, hagiographique de ses septennat et quinquennat. Il faut dire que mises à part la reconnaissance des crimes de l’Etat français pendant la Seconde Guerre mondiale et son opposition à la guerre en Irak, « rien, non vraiment rien », ne plaide en sa faveur. Tout cela fait « pshitt » !

D’ailleurs, son successeur (qui était dans le même parti que lui) a fait campagne sur la « rupture », la « France d’après »… alors qu’il était le sortant ! Il a même comparé J. Chirac à Louis XVI fabriquant des clefs pendant que le peuple gronde… C’est dire la violence qu’il y avait entre les deux hommes. Ils se ressemblent tellement ! L’un et l’autre sont des tueurs, des prédateurs, en politique. L’un et l’autre ont « éradiqué » tous ceux qui pouvaient leur faire de l’ombre. L’un et l’autre sont des ambitieux, assoiffés de pouvoir. Et c’est la raison pour laquelle, J. Chirac aura tout fait pour démolir, juste avant de partir, M. Sarkozy.

On se souvient de son allocution où il annonçait son intention de ne plus briguer de mandat présidentiel dans laquelle il dénonçait une bonne partie du programme de M. Sarkozy. On se souvient aussi de l’autre allocution, très courte (1,30 mn), dans laquelle il soutenait, du bout des lèvres, son ancien ministre de l’Intérieur. Il faut dire que jusqu’au dernier moment, il pensait que le « petit con » allait se casser la figure et laisser la place à un chiraquien (le Dauphin D. de Villepin, par exemple). Il ne peut donc se résigner à le voir lui succéder.

Quel avenir pour l’ancien président ? On le dit en partance pour le Conseil constitutionnel où il retrouvera J-L Debré, son fidèle d’entre les fidèles et l’Ex, qu’il a contribué à faire échouer. Certes, J. Chirac a besoin d’argent, mais l’imagine-t-on se soumettre au devoir de réserve qu’impose le Conseil constitutionnel ? Dès que le nouveau président de la République montrera des signes de faiblesse, comment le plus célèbre des Corréziens pourra-t-il résister à une saillie contre son successeur ? Difficile à imaginer quand on connaît l’esprit chiraquien et sa soif de revanche. Il gardera, « jusqu’à la mort », un chien de sa chienne pour ces « traîtres » balladuriens (représentés dignement par MM. Sarkozy et Fillon) dont il disait qu’il « fallait leur marcher dessus du pied gauche, car cela porte bonheur ».

La traîtrise, justement. J’ai déjà traité ce thème dans un article précédent (« Du bon usage de la traîtrise en politique ») pour parler d’E. Besson. Il n’est, apparemment, pas le seul ! Il fait même des petits… Car cela fait quelque temps que l’on parle d’H. Védrine, B. Kouchner, A. Lauvergeon et J-M Bockel comme d’éventuels ministres de M. Sarkozy. La félonie a de beaux jours devant elle ! De même que Judas Iscariote vendit le Christ pour trente deniers (certains disent même qu’il est le premier capitaliste de cette planète !), ces femmes et ces hommes, paraît-il ?, de gauche, sont prêts à vendre leurs convictions pour un plat de lentilles.

H. Védrine est un cas à part. Il n’est pas vraiment un politique. C’est un diplomate « haut de gamme », respecté de tous. Mieux vaut l’avoir près du nouveau président atlantiste, ne serait-ce que pour calmer ses velléités américaines. En gros, la gauche s’en remettra… Même si, sa présence au gouvernement, serait un sacré coup porté à la gauche.

A. Lauvergeon, ancienne secrétaire générale adjointe de l’Elysée sous F. Mitterrand (H. Védrine était le secrétaire général de la présidence à la même époque) et ancienne sherpa du président socialiste, pourrait, elle aussi, rejoindre le nouveau pouvoir. Problème. Celle qui dirige Areva perçoit un salaire que la République n’est pas en mesure de lui verser et, surtout, elle ne veut pas voir son entreprise démantelée (comme le prévoit le programme de l’UMP). Il est donc fort peu probable qu’elle entre au gouvernement.

J-M Bockel, sénateur-maire PS de Mulhouse, n’a pas été ministre depuis une quinzaine d’années. Qui se souvient, d’ailleurs, de son passage au ministère du Commerce, de l’Artisanat et du Tourisme ? Personne. Le seul blairiste du PS a envie de retourner sa veste (à l’image de son idole), ça le démange, et de rejoindre le nouveau président. Problème. Pas un seul des proches de M. Sarkozy ne l’a encore consulté ! Il restera, sans doute, dans l’opposition…

Quant à B. Kouchner, le cas est plus intéressant. Celui qui a tapé sur M. Sarkozy pendant toute la campagne est prêt à franchir le cap et à s’asseoir (comme ses copains J. Séguéla et B. Tapie) sur ses idéaux. A soixante ans, le « french doctor » n’a plus rien à perdre, si ce n’est sa crédibilité et sa réputation. Il est même sur le point de prendre place auprès de Ch. Boutin, au sein du gouvernement… Quel attelage ! On en tournerait de l’oeil. Mais il a été tellement recalé, lui qui ambitionnait de grandes responsabilités internationales, qu’il a envie, aujourd’hui, de rejouer un rôle de premier plan. Quel dommage d’en arriver là !

En fait, et son camp l’a bien compris, cette ouverture prônée par M. Sarkozy nous promet une belle pagaille ! Avec cette volonté de bouger les lignes, le nouveau président de la République prend le risque de les brouiller. Mais ce n’est pas difficile, son programme promettant tout et son contraire, on peut s’attendre à tout. Le coup de l’ouverture, c’est une façon de tuer F. Bayrou, qui nous a bassinés pendant toute la campagne qu’il voulait faire travailler des femmes et des hommes de gauche et de droite, ensemble. On va vite s’apercevoir que cela relève plus de l’utopie que du pragmatisme. L’ouverture arrive cinq ans trop tard. Elle devait être faite après 2002, et non aujourd’hui. Et encore, ce n’est même pas certain. Car notre peuple aime à faire travailler des gens de droite et de gauche ensemble, dans la même séquence. Ce fut le cas à trois reprises avec les deux cohabitations gauche/droite et la cohabitation droite/gauche. On a vu ce que cela a donné… Quand plus rien n’a l’air d’opposer gauche et droite, le peuple se réfugie dans les extrêmes. De gauche, comme de droite. M. Sarkozy prendrait-il le risque de ranimer la flamme du FN ?

Pourquoi pas ? L’UMP, avec 31 % des voix au 1er tour de l’élection présidentielle, n’a plus de réserve de voix. Il faut donc en (re-)créer ! C’est peut-être la vraie raison de l’ouverture de M. Sarkozy : en brouillant les cartes politiques, cela profitera à Le Pen. Et qui lui a siphonné ses voix dernièrement ?…

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Publié dans : Actualité, Politique, Société | le 15 mai, 2007 |Pas de Commentaires »

Du divorce et du mariage, en politique

« Je veux m’adresser d’abord à toutes celles et tous ceux qui n’ont pas votés pour moi… » On comprend mieux à qui voulait s’adresser M. Sarkozy au soir du 2nd tour de l’élection présidentielle. Car, depuis hier, la polémique enfle, gonfle, s’apprête à devenir un scandale : C. Sarkozy aurait fait partie des abstensionnistes du 6 mai dernier. Elle n’a donc pas voté pour son mari !

C’est sans précédent dans toute l’histoire de la République. Certes, ça ne va pas changer la face du monde mais force est de constater que le nouveau président élu, depuis son élection, accumule bourdes et polémiques. Le Fouquet’s, le jet privé, le yacht bolloréen et maintenant, Madame qui ne va pas voter pour Monsieur. Où cela s’arrêtera-t-il ? Se rend-t-on compte de l’image qui est donnée de nous à travers le monde ? Car le dernier épisode s’accompagne d’un muselage des journalistes, ce qui n’arrange pas les affaires du nouveau président et de la démocratie.

En fait, notre JDD bien-aimé devait révéler l’information noir sur blanc dans son édition de dimanche. Mais J. Espérandieu a pris la décision de retirer l’article samedi dernier. D’aucuns disent qu’il a reçu des pressions de l’entourage sarkozyste et de l’actionnaire principal de l’hebdomadaire dominical, A. Lagardère, ami du nouveau président. C’est la révolte chez les journalistes, évidemment… D’autant que l’article relatait également une violente dispute du couple nouvellement présidentiel, le 6 mai, jour du 2nd tour. Et c’est vrai que des images commencent à devenir plus « lisibles » depuis cette information. Le 6 mai dernier, M. Sarkozy s’est tout le temps affiché avec ses belles-filles, la progéniture de Cécilia et de J. Martin. Il a voté avec elles, a paradé dans Paris avec elles et E. Macias les a même mises à l’honneur en entonnant un vibrant : « Ah quelles sont jolies, les filles de Sarkozy ! Laï, laï… » sur la Place de la Concorde. Cécilia pleurait en descendant de la scène pop, ce soir-là… L’émotion, sans doute.

Elle n’était pas présente à Bercy, non plus et là, c’est le reportage d’Envoyé spécial de jeudi dernier qui nous en dit plus. On voyait R. Karouchi, visage pâle et fermé, répondre au téléphone à C. Sarkozy. Il raccroche et dit à ses copains : « C’était Cécilia, elle ne sera pas là… Non, rassurez-vous, ça va, tout va bien de ce côté-là, c’est pas ce que vous pensez… »  On est tenté de répondre : « Et la marmotte met le chocolat dans le papier aluminium… Mais, bien sûr ! » Le couple est en crise (et ce n’est pas d’aujourd’hui). Elle ne voulait pas qu’il accède à cette fonction. Ne disait-elle pas qu’elle ne souhaitait pas devenir la première dame de France ? En fait, Cécilia veut le pouvoir pour elle. Car elle pense qu’elle a bien plus de talents que son mari. Mais, ce ne sont pas les seuls à être en crise…

A gauche, nous avons aussi nos soucis de couple. Je ne vais pas revenir sur le livre (que je n’ai pas encore lu) de R. Bacqué et A. Chemin, elles savent bien faire leur promo toutes seules. Curieusement, les soucis Royal/Hollande m’inquiètent moins que ceux d’en face. La démarche n’est pas la même. Nous avons affaire ici à deux animaux politiques, qui marchent ensemble depuis plus de vingt-cinq ans. Les rapports humains ne sont jamais figés : il y a des hauts, des bas et c’est très bien comme ça. Rappelons que S. Royal, comme F. Hollande, ont la même ambition depuis toujours : accéder aux fonctions suprêmes de la République. Il y en a toujours un, c’est fatal, qui reste sur le carreau… Et à l’heure où la gauche doit repenser ses unions, le premier des couples socialistes ne peut donner l’image de la désunion.

C’était bien cette thématique qu’abordait Ch. Ockrent, hier soir sur France 3, dans France-Europe-Express. Son invité : F. Hollande. Et que propose F. Hollande ? De fonder un nouveau parti de gauche, c’est-à-dire qu’il faudra organiser, au lendemain des législatives de juin prochain, des assises de toute la gauche et créer une « machine de guerre » face à l’UMP. Et le Premier secrétaire du PS de constater que l’UMP est l’union de nombreuses familles de droite. « Il nous faire ce que la droite a réussi à faire en cinq ans : réunir toutes nos familles dans un seul parti ». Bien sûr, cela renforcera la bipolarisation de notre système mais ce n’est pas le PS qui l’a voulu, c’est J. Chirac en créant l’UMP, en 2002. On était loin de la désunion ou du divorce du couple socialiste. On n’a cessé de parler (ré-)union et unité, toute la soirée.

On le voit bien : le PC, les Verts, le PRG et le MRC ne peuvent plus vivre seuls, chacun de leur côté. M-G Buffet en appelle au PS pour des candidatures uniques dès le 1er tour, la direction des Verts refuse l’accord proposé par le PS (à rebours de D. Voynet et N. Mamère). Il n’y a que le PRG et le MRC qui se frottent les mains et qui voient leurs ralliements, avant le 1er tour, à S. Royal, récompensés en circonscriptions. F. Hollande a raison, il faut dépasser nos partis pour en fonder un autre, plus ambitieux et plus concret dans les propositions qu’il fera à la nation. Il en va de la survie de la gauche.

Les petits partis pourraient vivre pleinement et influer la ligne de ce grand parti de la gauche. Et cela évite les accords de gouvernement sur lesquels on s’assoit volontiers, une fois au pouvoir. N’oublions pas que si S. Royal, comme F. Mitterrand en 1974, avait été la candidate unique de la gauche, la dynamique aurait été de notre côté et nous aurions remporté l’élection. Mais comme le dit F. Hollande : « Ce système n’est plus efficace : pour faire vivre les petits partis de gauche, le PS doit prendre sur son contingent, ce n’est pas normal ! » C’est bien de cela qu’il s’agit. A nous de faire de 2012 une victoire éclatante et sans fard, grâce à ce grand parti de gauche qui ne laissera personne sur le côté et nous permettra de repenser nos institutions.

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Publié dans : Actualité, Politique, Société | le 14 mai, 2007 |Pas de Commentaires »

La femme fataliste

On l’a su ce matin : S. Royal ne se représentera pas dans sa circonscription des Deux-Sèvres, aux prochaines législatives. La candidate socialiste, qui a défendu le non-cumul des mandats pendant toute sa campagne, choisit la clarté et la cohérence. On a tellement dit qu’elle manquait des deux que là, ses détracteurs ne pourront plus rien objecter. S. Royal restera donc présidente de la Région Poitou-Charentes.

Même si je respecte le choix de la candidate que je soutenais (et que je soutiens toujours), je ne suis pas certain que cette décision soit la bonne. En effet, l’Assemblée nationale, bien que des hommes politiques pensent qu’elle n’est qu’une chambre d’enregistrement, reste, dans l’imagerie populaire, le lieu « d’affrontement » entre majorité et opposition. C’est là que sont disposées les caméras de télévision… D’autant que L. Fabius, DSK, J-L Mélenchon, les « tontons flingueurs » du PS, resteront, eux, parlementaires…

Mais sans doute, S. Royal a-t-elle une autre idée en tête. On oublie (ou on a oublié) que vingt régions sur vingt-deux ont basculé à gauche. On oublie (ou on a oublié) que l’Etat et les régions travaillent en étroite collaboration. C’est là que la candidate du PS souhaite faire vivre l’opposition. Avec la quasi-totalité des présidents de Régions qui la soutiendront, la nouvelle chef de l’opposition pense qu’elle disposera d’un sérieux contre-pouvoir à l’Etat sarkozyste. De ce morceau de France, elle pourra s’adresser au pays entier et démontrer les faiblesses du système mis en place par la droite. C’est risqué mais on peut penser qu’elle sait ce qu’elle fait.

Deux problèmes demeurent : ceux qui veulent « dégommer » la candidate se serviront des députés pour la faire partir. L. Fabius et DSK ont, chacun, un bon réseau de parlementaires qui les soutiennent. Certes, comme elle l’a fait lors de sa désignation, elle peut s’appuyer sur les militants et adhérents de « Désirs d’avenir ». Parce que S. Royal veut utiliser son association pour réformer le PS et la gauche,  elle pense aussi que c’est de cette association que les « convergences » avec le MoDem de F. Bayrou pourront être mises en exergue. Sa décision est donc logique.

Autre souci majeur : la politique, c’est l’image. Et le Parlement, avec deux chaînes de télévision, se met en scène quotidiennement. Les acteurs viennent y débattre et, a fortiori, avancer leurs idées. On peut imaginer que les Françaises et les Français, qui verront DSK et L. Fabius dans l’Hémicycle s’élever contre le gouvernement, penseront qu’ils sont les véritables chefs de l’opposition. L’AFP aura beau diffuser les déclarations de S. Royal contre les projets de M. Sarkozy, cela ne sera pas beaucoup repris et il est vraiment peu probable que les télévisions diffusent des images de la candidate. A moins que les présidentielles aient réellement modifié les rapports entre journalistes et politiques (ce dont je doute fort), S. Royal prend le risque de paraître bien silencieuse pendant les cinq années à venir. Et ce, même si elle est invitée dans les différents journaux télévisés. N’étant plus à l’Assemblée, plus « visible » finalement, les électeurs se diront, peut-être, qu’elle n’est plus la meilleure. Elle prend donc le risque de faire retomber, tel un soufflé, l’élan populaire qu’elle a suscité dans la population, autour de sa campagne.

Il y a un certain fatalisme chez cette femme. Comme si elle se disait : « Inch’ Allah ! » par rapport à son avenir et à l’avenir de la France. Espérons qu’Il l’écoutera…

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Publié dans : Actualité, Politique, Société | le 11 mai, 2007 |Pas de Commentaires »
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